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Prier pour les communistes : Marie fait-elle de la politique ?

Nd des etoiles buste

Dimanche 11 février 1951. Dans ma chambre, le soir.

La Sainte Vierge me dit : « Pénitence, Pénitence. Je demande instamment de prier pour les Russes en particulier et enfin en général pour tous les communistes car si les croyants ne veulent pas changer le monde est en danger. »

En 1848, Karl Marx et Friedrich Engels valorisent, dans le Manifeste du Parti communiste, une forme d'organisation sociale sans classe et sans État-nation (l’internationale communiste). À partir de la révolution de 1917 en Russie, le communisme devient une réalisation politique, rapidement internationale. Après les événements de 1989 et la chute de l’URSS, la Russie n’est plus communiste.

L’idée communiste continue de séduire jusqu’à nos jours, sous diverses formes. Le Forum économique mondial a récemment publié un livre avec un slogan « en 2030, vous ne possèderez rien, et vous serez heureux ».

Si le communisme consistait, comme il est dit, à quitter le nationalisme ou l’individualisme de compétition, on pourrait imaginer qu’il s’agisse d’un idéal généreux, mais il y a d’autres choses à considérer.

Tout d’abord, le communisme est un mondialisme : « Le point de départ est « national […], mais la pers­pective est internationale » [1].

En réalité, le rêve d’unir les hommes du monde entier dans une seule organisation sociale a déjà été fait il y a bien longtemps. La Bible y a réfléchi à travers l’histoire de la tour de Babel.  Babylone avait une ziggurat, c’est-à-dire une tour par lesquelles les gens se croient capables d’accéder au Ciel (aux dieux) par eux-mêmes : la tour de Babel (Babel signifie : la porte du ciel !) pour cela, les gens rêvent de s’unir dans un langage et une pensée uniques (très actuel, n’est-ce pas ?) La Bible nous dit que les gens n’obtinrent que la confusion et que Dieu dispersa les hommes (Gn 11), ce qu’il faut comprendre comme un secours divin : en étant dispersés, émergèrent des différences et des oppositions qui aident les hommes à distinguer entre l’erreur et la vérité, entre l’apparence et la réalité. Dans la pensée unique, on peut être petit à petit amené à appeler « bien » des choses gravement mauvaises. Dans la pensée unique, au nom d’un idéal phantasmatique, on peut accepter des crimes affreux.

Dans le livre de l’Apocalypse, on lit que Jean a vu « Babylone », Babel la grande, rassemblant tous les marchands de la terre, et proférant un culte unique mais blasphématoire et satanique. Babylone tombera. D’ailleurs, quand « Babel la grande » (Babylone) tombe, alors, pour la première fois, l’expression « Mon peuple » est utilisée pour parler des chrétiens : « Sortez de son sein, Mon peuple ! » (Ap 18, 4).

Alors, et alors seulement, l’Église peut devenir « un peuple », avec toutes les répercussions socio-politiques qui en découlent. « Au vainqueur et gardien de mes œuvres, je donnerai autorité sur les peuples pour les faire paître par une verge de fer » (Ap 2, 26). « Bienheureux ceux qui font ses commandements : leur autorité sera sur le bois de la Vie ! Et, par la Porte, ils entreront dans la Cité ! » (Ap 22, 14).

Or, « Babel la grande » tombe sous le jugement divin au moment de la Parousie, la Venue glorieuse du Christ. La réalisation de l’Église comme « peuple » de Dieu n’advient donc pas avant la Venue glorieuse du Christ (auparavant, ce ne sont que des préfigurations de taille et de qualité variables). Ce sera alors le monde idéal sous la forme symbolique d’une « Jérusalem » resplendissante fondée sur les apôtres de Jésus-Christ (Ap 21-22).

En bref, la Bible est très logique. Après le péché originel, aucun humain ne peut réparer complètement le monde, seulement le Créateur lui-même, lui qui l’a créé. Et Jésus est venu, lui, le Seigneur, le Sauveur (Lc 2, 11). Mais il faut accueillir son salut. Beaucoup l’ont accueilli. D’autres, non. Désormais, le salut du monde passera à travers un jugement du monde, que l’on appelle le jugement eschatologique. Ce jugement ne peut être fait que par Jésus, le Fils de l’homme, dont la venue glorieuse a été annoncée dans les évangiles. Ce jugement n’est pas la fin du monde, mais la fin de l’Antichrist.

Le communisme est un messianisme qui prétend accomplir un monde idéal, parfait. Ceux qui l’ont rejeté ont cependant gardé l’idée que le monde puisse être sauvé du mal, et ils se sont pris pour les Sauveurs du monde, et donc aussi ses juges. Le problème de la pensée messianique, c’est que l’on pense accomplir le but (un monde idéal) à tout prix, et comme on pense avoir la clé d’un monde parfait, on se donne le droit d’éliminer les dissidents.
Comment s’étonner dès lors qu’au XX° siècle le communisme a fait des millions de morts (en Russie à partir de 1917, en Chine à partir de 1949, etc.). Aux guerres et aux goulags s’ajoutent la destruction de la famille : dès 1920, Lénine facilite le divorce, l’avortement, et l’homosexualité.

Le communisme et l'antichristianisme

Dans sa prime jeunesse, Karl Marx était chrétien. Mais, comme le montrent ses poésies de jeunesse, il est devenu sataniste [2]. Il avoue : « Mon âme naguère fidèle à Dieu a été marquée pour l'enfer » [3]. Marx croyait à l’enfer et son programme consistait à y acheminer les hommes. Marx écrivait : « Regarde cette épée : Le Prince des ténèbres me l'a vendue » [4] (dans les rites d'initiation supérieure du culte satanique, le candidat reçoit une épée enchantée qui lui assurera le succès). Et encore : « Oui, ce monde qui fait écran entre moi et l'abîme, Je le fracasserai en mille morceaux à force de malédictions » [5].
Un proche de K. Marx déclarait de lui : « Il a l’esprit destructeur et son cœur déborde plus de haine que d’amour pour les hommes » (Mazzini) [6].
Le socialisme, le souci du prolétariat, l’humanisme sont autant de prétextes fallacieux. Le vrai but de K. Marx était la destruction de la religion. C’était déjà le but de Moses Hess, l’homme qui a converti Marx et Engels à l’idée socialiste. Il affirmait que la religion juive était morte ainsi que la religion chrétienne [7], ce qui d’ailleurs ne l’empêchait pas, dans son livre « Rome et Jérusalem », d’évoquer nos Saintes Écritures, le saint langage de nos pères, etc. Il s’agit là d’un embrouillamini diabolique volontaire.

Les avertissements des papes

Dans l'encyclique Divini Redemptoris, publiée le 19 mars 1937, le pape Pie XI dénonce le communisme comme « intrinsèquement pervers », estimant que « l'on ne peut admettre sur aucun terrain la collaboration avec lui de la part de quiconque veut sauver la civilisation chrétienne ».

Le Catéchisme de l’Église Catholique : « § 675. Avant l'avènement du Christ, l'Eglise doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (cf. Lc 18,8 Mt 24,12). La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre (cf. Lc 21,12 Jn 15,19-20) dévoilera le "Mystère d'iniquité" sous la forme d'une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l'apostasie de la vérité. L'imposture religieuse suprême est celle de l'Anti-Christ, c'est-à-dire celle d'un pseudo-messianisme où l'homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair (cf. 2Th 2,4-12 1Th 5,2-3 2Jn 7 1Jn 2,18 2,22). § 676. Cette imposture anti-christique se dessine déjà dans le monde chaque fois que l'on prétend accomplir dans l'histoire l'espérance messianique qui ne peut s'achever qu'au-delà d'elle à travers le jugement eschatologique ».

Quand la Vierge Marie apparaît à Fatima (1917), à l’Ile Bouchard (1947) ou à Tournai (?), elle demande de prier pour la conversion des communistes, elle demande aussi prier dans la paix et pour la paix. Depuis 1948, les temps ont beaucoup changé, mais il est toujours actuel de prier pour la conversion des communistes, partout dans le monde.

Le Seigneur veut que les hommes ne confondent pas leurs rêves avec la réalité, et que les gens échangent entre eux avec bienveillance.

F. Breynaert


[1] Antonio GRAMSCI, Cahier de Prison n° 14, § 48

[2] Cf. Robert PAYNE, The Unknown Karl Marx, - Karl Marx inconnu, New York University Press, 1971

[3] Karl MARX, Poème « La vierge pâle ».

[4] Karl MARX, Poème « Le ménestrel ».

[5] Karl MARX, finale d’ « Oulanem » (anagramme inversé de « Emmanuel ») 

[6] Fritz RADDATZ, Karl Marx, Hoffman & Campe, Allemagne, 1975

[7] Moses HESS, La Revue n° 1, p. 288