« Quand nous visite l’Astre d’en haut. »

Introduction

En recevant le témoignage de Marguerite, la « messagère » des apparitions de Tournai qui eurent lieu de 1948 à 1951, nous pourrions relier tous ses messages aux saintes Ecritures et commentaires des Pères de l’Eglise, dans l’esprit du Catéchisme de l’Eglise Catholique. Par ces messages, nous recevons toute la substance de l’enseignement de l’Espérance chrétienne. Cependant, comme Marguerite, nous savons bien que tout est déjà contenu dans la Révélation biblique et qu’il n’y a pas d’autre révélation à attendre.

 

Et pourtant, après avoir accueilli les témoignages et les messages d’une Bernadette de Lourdes ou des petites bergers de Fatima ou bien d’Alphonsine de Kibého, nous pouvons être sensibles aujourd’hui à la Bonne Nouvelle de l’Evangile transmise par Marguerite à Tournai, à partir de ce qu’elle a reçu dès l’âge de 13 ans jusqu’à 15 ans. Puisque dès le départ, dès la troisième apparition, la Sainte Vierge lui demande d’en faire part à son curé.

 

« Je suis Notre-Dame des étoiles. Dis au monde de prier : Priez beaucoup pour les pécheurs ! Et il sera récompensé. Faire-part à monsieur le curé Vandercammen (Vendredi 5 mars 1948).»

 

Bien qu’étant seule à être ainsi « visitée du Ciel » durant trois ans, du 2 mars 1948 au 11 février 1951,  avec une seule fois -c’était le Samedi 18 mars 1950- la présence de plusieurs témoins, à la demande de la Vierge Marie, elle peut dire comme dans les actes des apôtres :

 « Quand à nous, il nous est impossible de ne pas dire ca que nous avons vu et entendu (Ac4, 19-20). »

 Faisant siennes aussi les paroles de l’apôtre Jean dans sa première lettre :

 « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. Quant à notre communion, elle est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. Tout ceci, nous vous l'écrivons pour que notre joie soit complète.

Or voici le message que nous avons entendu de lui et que nous vous annonçons: Dieu est Lumière, en lui point de ténèbres. (1Jn1, 3-5)

 

C’est dans les Evangiles que nous puisons la source inspiratrice de notre réception du témoignage de Marguerite qui nous renvoie sans cesse à la parole de Dieu. Rien de vraiment nouveau, ni d’original nous est dit, en somme. Il en va d’ailleurs pour toutes les apparitions reconnues, comme à Banneux et à Beauraing (1932-1933) par exemple, en Belgique. Et pourtant, tout le contenu de l’évolution de ces rencontres avec le Ciel, lors des apparitions, nous renvoie à notre monde de la terre des hommes que Dieu aime et pour qui, il veut nous redire la bénédiction qu’il prépare.

 

En bonne Israélite, Marie sait qu’il n’y a pas de bonheur individuel : ça n’existe pas. Il y a le Peuple, l’Alliance et la promesse de la Nouvelle Alliance. Marie ira jusqu’au bout pour la faire aboutir. Déjà sur terre, elle concentrait tout le désir d’Israël, toute son espérance messianique. Aujourd’hui glorifiée, Marie n’a de cesse d’œuvrer pour la conversion de tous à son Fils. Cet accomplissement nécessite la collaboration des chrétiens, qu’en Mère, la Vierge Marie ne cesse de rappeler lors de ses apparitions, nous renvoyant sans cesse à la Révélation.

 

L’Astre d’en Haut

Le cantique de Zacharie introduit d’une manière précise le témoignage prophétique de Marguerite qui, à l’instar de Jean le Baptiste, reçoit la mission de préparer le monde à la conversion « et il sera récompensé »:

 

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et délivré son peuple, et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David, son serviteur, selon qu'il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent. Ainsi fait-il miséricorde à nos pères, ainsi se souvient-il de son alliance sainte, du serment qu'il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder que, sans crainte, délivrés de la main de nos ennemis, nous le servions en sainteté et justice devant lui, tout au long de nos jours. Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies, pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés; grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, dans lesquels nous a visités l'Astre d'en haut, pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix (Lc1, 68-79).

 

Ces versets, à eux seuls, constituent la trame de tout le contenu du témoignage que Marguerite devra transmettre, y compris dans le symbole de « l’Astre d’en haut » (l’étoile) qui est central. Et par la progression des messages, nous redécouvrirons en quoi consiste le chemin de délivrance de la main de nos ennemis.

 

La maison de David recevra l’Enfant-Dieu à la faveur d’un recensement imposé par l’empereur Auguste. Joseph, de la descendance de David, se rend à Bethléem avec Marie son épouse qui était prête à accoucher. C’est dans une grotte que les mages venus d’Orient, -figure de l’universalité du salut offert à tous-, conduits par l’Astre, vont offrir leurs présents en témoignant qu’à « la vue de l'astre, ils se réjouirent d'une très grande joie (Mt 2, 10). » Cette étoile qui a guidé les mages à cette grotte est bien celle du roi des juifs qui vient de naître : « Nous avons vu, en effet, son astre à son lever, et nous sommes venus lui rendre hommage (Mt 2, 2). » « L’Astre d’en haut » désigne à la fois le Seigneur et toute sa mission qui s’accomplit désormais en Eglise aujourd’hui, par tous les baptisés. C’était alors, à Bethléem, la mission du Christ, le Fils de Dieu, que Zacharie contemplait prophétiquement.

 

Saint Maxime le confesseur commente :

« L'étoile venue de L’Orient apparait et elle conduit les Mages à l'endroit où se trouve le Verbe Incarné ; elle montre ainsi de façon mystérieuse, au-delà de son apparence, qu’elle dépasse la parole contenue dans la Loi et les Prophètes, et qu’elle conduit les nations vers la lumière d’une connaissance supérieure.

En effet, c’est vers la connaissance supérieure du Verbe incarné que conduit clairement la parole contenue dans la Loi et les Prophètes, de même que l’étoile, considérée avec piété, conduit ceux qui répondent volontiers à l’appel de la grâce. [1] »

Mais c’est avec l’évocation d’une autre grotte, celle de Lourdes, reproduite dans une cour d’école, que Marguerite témoigne :

 Le midi. Ce jour-là, j’ai vu une étoile au-dessus de la grotte. L’étoile disparut.

 

 

L’heure de midi

Ce n’était pas la nuit, mais en plein jour, à l’heure de midi.

 Voici un commentaire de saint Grégoire de Nysse sur la Cantique des Cantiques qui introduit poétiquement le message de Tournai. La bien-aimée du Cantique, qui représente Israël  et l’Eglise, s’adresse, dans une très belle prière, au « grand Pasteur des brebis. »

« Enseigne-moi donc, dit-elle, ou tu mènes paître le troupeau, afin que je puisse trouver le pâturage du salut, me rassasier de la nourriture céleste que tout homme doit manger pour entrer dans la vie. Que j’accours auprès de toi, qui est la source, pour aspirer la boisson divine que tu fais jaillir comme d’une source pour les assoiffés. Cette eau jaillit de ton côté ouvert par la lance et, pour celui qui en goûtera, elle deviendra source jaillissante pour la vie éternelle. Si tu me conduis dans ces pâturages, tu me feras parfaitement reposer à l’heure de midi ; en paix, tout aussitôt, je me coucherai et je me reposerai dans la lumière sans ombre. Car il n’y a pas d’ombre à midi : le soleil est au zénith. C’est là que tu fais coucher ce dont tu es le pasteur, lorsque tu prends tes enfants avec toi sur ta couche  du matin, c’est-à-dire de l’origine du mal et de son terme, celui-là repose à l’heure de midi sous le soleil de justice. Fais moi donc connaître, dit la bien-aimée comment trouver le pâturage ; indique-moi le chemin du repos de midi. Il ne faudrait pas que j’échappe à la bonne direction et que l’ignorance de la vérité m’agrège à des troupeaux étrangers au tien. [2] »

 

[1] Maxime le confesseur, moine byzantin, (580-662) Centuries sur la charité 1, 8-13, PG 399.

[2] Grégoire, évèque de Nysse (335-395), homélie sur la Cantique 2, Ed. H Langerbeck, Leiden, brill, 1960, 63.

J’aimais encore mieux Jésus

Par sa toute première apparition, Marguerite emprunte désormais un chemin, en vue de nous montrer, à nous aussi, la bonne direction à suivre qui nous fait progresser dans la vérité qu’est le Christ. C’est lui, Dieu fait homme, que l’Astre désigne en la grotte de Bethléem aux mages venus d’Orient ; et c’est toujours lui que désigne l’étoile de midi sur la grotte de Massabielle reproduite dans une cour d’école à Tournai.

 

De la grotte de Bethléem, nous passons à la grotte de Lourdes, sachant bien que dans l’un et l’autre cas, c’est le même Jésus Sauveur qui est annoncé, centre et but de ces lieux bénis.

 

Marguerite qui a sa vie centrée sur Jésus, surprise d’une telle irruption d’en haut, fait le point pourrait-on dire, lors de sa troisième rencontre le Samedi 15 mai 1948, avec Marie :

 

« Je lui ai dit que je l’aimais bien ; seulement que j’aimais encore mieux Jésus. »

 

Mais à cette époque, la jeune adolescente de treize ans ignore encore que cette étoile qui apparaît en premier et disparaît en dernier à chaque apparition avec la Sainte Vierge, est bien celle de Jésus, le Fils de Dieu dans sa mission d’envoyé du Père. Ce même Jésus qui, à la fin de ses trois ans de vie publique, nous envoie à son tour pour faire de tous les baptisés appelés au témoignage, autant d’étoiles qui brillent pour offrir au monde la lumière de Dieu.

 

La lumière du monde 

« Croyez en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » (Jn 12, 36)

 

Saint Matthieu, commenté par saint Chromace, nous le rappelle :

 

Vous êtes la lumière du monde. Une ville ne se peut cacher, qui est sise au sommet d'un mont. Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison (Mt 5, 14-15). Le seigneur avait appelé ses disciples sel de la terre par ce qu’ils ont relevé par la saveur de la sagesse céleste les cœurs humains affadis par le démon. Et maintenant il les appelle lumière du monde parce que, éclairés par lui, qui est la lumière éternelle et véritable, ils sont devenus à leur tour une lumière dans les ténèbres. Parce qu’il est lui-même le Soleil de justice, il peut aussi appeler ses disciples lumière du monde ; c’est par eux, comme par des rayons étincelants, qu’il déverse la lumière de sa connaissance sur la terre entière ; en effet, ils ont chassé les ténèbres de l’erreur loin du cœur des hommes, en montrant la lumière de la vérité.(…) C’est pourquoi cette lampe resplendissante qui a été allumée pour servir à notre salut, doit toujours briller en nous. Nous avons en effet la lampe du commandement céleste et de la grâce spirituelle, ce dont David a témoigné ainsi : Ta parole est une lampe pour mes pas, une lumière pour ma route. Et Salomon a dit : le précepte de la loi est une lampe. (…)

Cette lampe de la loi et de la foi, nous ne devons donc pas la cacher, mais l’installer toujours dans l’église comme sur le lampadaire, pour le salut d’un grand nombre, afin de jouir nous-mêmes de la lumière de sa vérité, et d’en éclairer tous les croyants.[1]

 

Notre-Dame des étoiles

Le lendemain Mercredi 3 mars 1948, dans la cour de l’école, au-dessus de la grotte, le midi, Marguerite connaît sa seconde apparition.

 

J’ai vu une étoile ; ensuite la Sainte Vierge.

 

Et voici que Marie se tient devant Marguerite, en position d’orante qui intercède, comme pour accompagner et protéger son Fils,  dans sa mission d’« apôtre du Père »:

 

Je suis tombée à genoux, avec les mains jointes. Elle n’a pas parlé.

J’ai vu l’étoile d’abord ; puis elle s’est approchée. Et la Sainte Vierge s’est formée comme autour de l’étoile. Et cette étoile se trouvait sur sa poitrine.

 

Ainsi, chaque rencontre avec Marie est précédée de l’étoile et se conclue par la disparition de l’étoile après le départ de la Sainte Vierge qui, dès la troisième apparition le Vendredi 5 mars 1948, se présente en affirmant son identité qui a pour caractéristique de se rapporter à la mission de tous les chrétiens.

 

J’ai demandé : Qui êtes-vous ?  Elle a disparu. L’étoile est restée. Et j’ai entendu une voix qui disait :  « Je suis Notre-Dame des étoiles. Dis au monde de prier : Priez beaucoup pour les pécheurs ! Et il sera récompensé. Faire-part à monsieur le curé Vandercammen.». »

 

Ces trois premières rencontres concentrent en elles tout le message de Tournai. La sainte Vierge ne dira plus rien les deux futures apparitions suivantes, s’exprimant par son sourire, sa bénédiction, son silence.

 

Le Samedi 15 mai 1948 : « Elle sourit ; donne la bénédiction, puis disparut. » Et le Mercredi 19 mai 1948 : « Elle n’a pas parlé. »

 

En somme sur les cinq premières apparitions, une seule fois Marie prend la parole, offrant son seul message qui concentre tout ce que la suite va déployer durant trois ans, dans le domaine de la prière, de la conversion, du combat spirituel à mener pour la bénédiction à venir. 

 

La sixième apparition pourrait donc sembler la dernière, car la sainte Vierge évoque ce qui s’est passé comme un « tout » qu’il s’agit d’intégrer. Et pour nous aujourd’hui, il s’agit alors de déchiffrer tous les symboles et les messages, où les moindres indices ont valeur d’enseignement. La sainte Vierge demande en fait explicitement de reprendre le signe de la grotte et parle au pluriel des apparitions. Outre le fait qu’il y eut six rencontres, rappelons qu’en chacune d’elle -lors d’une même rencontre de Marguerite avec la Vierge Marie- il y a chaque fois deux apparitions qui se superposent : celle de l’étoile et celle de Marie, qui semble faire de l’étoile comme le centre de se son être car, précise Marguerite : « cette étoile se trouvait sur sa poitrine. »

 

La jeune collégienne aurait donc pu penser que tout devait s’arrêter là ce jour du Lundi 24 mai 1948. Alors qu’en Belgique le tutoiement est d’usage, la Vierge Marie désormais vouvoie son enfant:

 

Elle a dit :  « Je veux qu’on élève ici une grotte avec la statue, telle que je vous ai apparu. Et si on n’élève pas ici cette grotte, qu’on mette au moins une remarque pour voir où les apparitions ont eu lieu.»

 

Mais cette sixième apparition va être suivie d’une vingtaine d’autres pour  nous faire approfondir le message, offrant sous la forme d’une véritable catéchèse pour adultes et pour jeunes, les attentes de la part de Dieu concernant la collaboration des hommes dans l’histoire, dans une prise en charge collective de l’humanité, par leur conversion personnelle faite de prière et de pénitence. Les termes utilisés par Marie (ou par le Seigneur - rapportés par sa mère-), ou bien par l’ange, sont riches de toute la tradition Biblique, nous appelant à faire alliance avec Dieu. Ils sont, comme dans la parole de Dieu, par leurs images concrètes liées à l’anthropologie biblique juive, objets d’interprétation, pour une meilleure compréhension.

 

La toute dernière apparition en 1951 a lieu le jour de l’anniversaire des apparitions de Lourdes un 11 février, reprenant explicitement le thème de ND de Lourdes motivant sa venue : « Pénitence, Pénitence. » Et elle reprend des termes de l’apparition de Fatima, évoquant très concrètement la gravité de la situation internationale, aujourd’hui encore non complètement résolue, quand à la réalité du communisme et ses conséquences toujours actuelles dans les mentalités et dans certains pays. Cette ultime apparition peut surprendre par sa précision, mais aussi par les thèmes abordés qui peuvent nous donner une clef d’interprétation de la date choisie du 2 mars comme fête de ND des Etoiles:

 

« Je désire qu’on célèbre ma fête le 2 mars sous le nom de Notre-Dame des Etoiles. Et que ce jour-là, on récite au moins le chapelet (Lundi 4 octobre 1948). »

 

Cette demande est réitérée à la demande de son Fils le Samedi 18 mars 1950 :

 

« Il répète les désirs suivants : Que l’on me fête le 2 mars sous le nom de Notre-Dame des étoiles, que ce jour-là on récite au moins le chapelet et que l’on assiste à la Sainte Messe et que l’on y communie si possible. Que l’on bâtisse une grotte dans la cour de l’école actuelle et à la place déjà indiquée ; que l’on mette la statue telle que je vous ai apparu, dans cette cour et à cette même place. »

 



[1] Saint Chromace, évêque d’Aquilée, fin du 4E s. Homélie sur l’Evangile de Matthieu 5, 1.3-4, CCL 9, 407.

Le 2 mars

Pourquoi donc avoir choisi cette date du 2 mars, à la fin de l’hiver ? Car ce jour-là, en 1948 :

 

« Il faisait un froid vif et sec. Les élèves restant à midi à l’école de la Madeleine avaient la joie de jouer dans la cour ou de rester dans le grand hall. Nous étions trois, à jouer dans la cour à la balle (Marguerite et deux copines.) De temps en temps, nous rentrions nous réchauffer un peu. »

 

Marguerite, connaît sa toute première apparition, 15 ans après la toute dernière apparition à Mariette Beco, le 2 mars 1933 à Banneux ; mais aussi 31 ans, jour pour jour après un double événement pour lequel nous allons retenir notre attention.

 

En effet, le 2 mars 1948 est une date anniversaire pour la Russie du Bienheureux Tsar Nicolas II. (Il fut canonisé avec toute sa famille dans l’orthodoxie.)

 

Nous découvrons alors, le 2 mars 1917, la mission de Notre Dame Souveraine, Tsarine de la Russie, à partir d’une décision personnelle du Tsar, et, sans lien direct avec lui, ce jour même, la redécouverte d’une icône :

 

Elle fut découverte pendant la révolution russe, dans le village de Kolomenskoïe, ancien domaine des Tsars moscovites. Vers le 13 février 19171,2 une femme, Evdokia Adrianova Rostopchina, aurait vu en rêve la Vierge Marie lui apparaître et lui dire : « Il y a à Kolomenskoïe une grande icône noire. Il faut la prendre, la nettoyer et que le peuple la prie ». (La Mère de Dieu aurait dit : de noire la rendre rouge, sa couleur d'origine). Elle fit un second rêve, le 26 février, où elle vit une église blanche. Elle se rend dans ce village proche de Moscou, y trouve une église blanche et dans la cave, découvre après de longues recherches avec le Père Nicolas, entre plusieurs chiffons, l'icône toute noircie par le temps : après nettoyage et rinçage l'image apparait, splendide.

On découvrit qu'elle proviendrait du monastère des moniales de Voznessenski à Moscou, où elle aurait été cachée en 1812 avant l'arrivée des troupes de Napoléon à Moscou. Ceci se passa le 2 mars 1917, jour de l'abdication du Tsar Nicolas II de Russie en faveur de son frère, le grand Prince Mikhaïl Alexandrovitch. Il avait une très grande dévotion pour la Mère de Dieu. Le tsar aurait confié la Russie à la Vierge Marie : sur l'icône la Vierge Marie tient un sceptre de sa main droite, un globe de sa main gauche, porte une couronne d'or, elle est vêtue de pourpre et d'un manteau rouge, et est assise sur un trône. Ce sont les emblèmes de la souveraineté du tsar, en russe Держава, derjava.

L'icône miraculeuse devenait célèbre, et de toute part on venait la voir. Kolomenskoïe devint un lieu de pèlerinage important. En 1917, on transporta l'icône dans différentes églises de Moscou ; partout, là où elle se trouvait, d'énormes foules de fidèles se rassemblaient. Après la révolution, l'icône a été conservé dans la collection du Musée. Aussi on en fit de nombreuses reproductions (…)

Au printemps 1991, un miracle se serait produit dans l'église Saint Nicolas de Moscou : pendant deux semaines, une des icône de Notre-Dame Souveraine se mit à suinter de l'huile (icône myroblyte). Elle est fêtée le 15 mars. Quelques églises lui sont consacrées en plusieurs endroits de Russie. Un hymne acathiste fut composé par le patriarche Tikhon. En 1990, le patriarche Alexis II porta solennellement l'image en l'Église de Notre-Dame de Kazan de Kolomenskoïe, où les fidèles peuvent la vénérer. Elle est aussi liée au culte de la princesse et moniale Élisabeth Fiodorovna. Elle est fêtée le 2 mars calendrier julien (donc le 15 mars calendrier grégorien).[1]

 

Cette information fut complétée et divulguée en Occident depuis la Belgique, grâce à Irène Posnoff (1914-1997) pour laquelle nous pourrions aussi présenter la mission si particulière dans ces années de la seconde moitié du XX siècle.

 

Pendant la deuxième guerre mondiale, Irène s’ingénia à aider les prisonniers de guerre soviétiques qui travaillaient dans les mines du Limbourg et, après les hostilités, les réfugiés russes qui étaient restés en Belgique.

En 1945, elle fonda les éditions « La vie avec Dieu » qui devinrent rapidement une oeuvre remarquable et remarquée par le Cardinal Tisserant, préfet de la Congrégation pour les Eglises Orientales qui l’invita à Rome et l’encouragea dans son engagement oecuménique. En 1950, Irène fut chargée de rédiger et d’éditer une revue catholique russe «La Russie et l’Eglise Universelle» qui eut un certain retentissement et pour laquelle Irène eut l’intelligence de s’assurer la collaboration d'éminents orthodoxes. A cette époque, elle collabora aussi avec Mgr Suenens à la fondation en Belgique de la «Légion de Marie». Lors de l’Expo 58, Irène et ses collaborateurs du Foyer Oriental Chrétien entrèrent en contact avec plus de 3.000 visiteurs soviétiques, ce qui donna une impulsion décisive aux éditions «La vie avec Dieu» qui publièrent plus de 160 ouvrages religieux pour répondre à l'absence totale de littérature spirituelle du peuple russe. Environ deux millions d'exemplaires entrèrent en URSS, souvent par des voies détournées. De nombreux Hiérarques russes l’en remercièrent et certains vinrent même la saluer lors de leur passage en Belgique.



[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Notre-Dame_Souveraine_Derzhavnaya

Les racines chrétiennes de l’Europe -

Ce détour historique nous offre un exemple, parmi tant d’autres, d’apôtres du siècle dernier qui sont comme autant d’étoiles brillant dans le firmament des hommes en quête de lumière et de vérité, tous appelés au salut.

 

Marguerite ignorait tout de cette histoire mouvementée au lendemain de la seconde guerre mondiale. Elle ignorait aussi les enjeux politiques et économiques qui viennent en conséquence de cette issue de guerre, dans un monde en pleine reconstruction avec ses grandes figures de la future union européenne : Gaspari, Adenhaueur, Schuman. Le drapeau Européen posséderait 12 Etoiles dorées à cinq branches, disposées en cercle sur fond bleu, représentant la solidarité et l’union entre les peuples d’Europe.

 

Avait-elle conscience qu’à 600 mètres à vol d’oiseau, des apparitions qui ont eu lieu dans son Ecole de la Madeleine, justement en direction de l’étoile, direction Sud est au centre de la ville, fut construite la cathédrale de Tournai, à l’emplacement de la maison de Clovis ? Il se fit baptiser à Reims le 25 décembre 498. La conversion de ce roi signe le passage de la Gaule vers la foi catholique, racine chrétienne de l’Europe. Mais en ce début de XXIème siècle, la quasi totalité des manuels d’histoire utilisés dans les écoles font l’impasse sur le baptême de Clovis. Ce qui rend plus difficile à comprendre le mot célèbre du Bienheureux pape Jean-Paul II lors de sa toute première venue en France en 1981: « France, qu’as-tu fait de ton baptême ? »

 

 

Bâtir une grotte

Mais revenons aussi à la demande de la grotte à construire. Quand Marguerite connaît ses apparitions dans la cour, une grotte est déjà en place, tout au fond de la cour, occupant largement la surface du mur en largeur.

 

Pourquoi cette demande d’une seconde grotte, qui dans la logique se placerait un peu devant la première, là précisément où les apparitions ont eu lieu ? C’est pour cela que Marguerite pose une question lors de l’apparition du Jeudi 24 juin 1948, près de chez sa tante, le soir.

 

« Est-ce que vous préférez que l’on bâtisse une grotte, que vous avez demandée, dans la cour de l’école où les premières apparitions ont eu lieu, ou ici ? »

« Je préfère dans la cour de l’école. »

 

Cette réponse de la Vierge, à l’époque n’était pas bien compréhensible, puisqu’il y avait déjà une grotte dans la cour d’école. D’où cette nouvelle demande quatre mois après:

 

Samedi 23 octobre 1948 : Près de chez ma tante, le soir.

« Où, à quel emplacement désirez-vous que l’on bâtisse la grotte ? » « Dans la cour de l’école, près de l’égout. »

 

Et de nouveau la réponse, qui se précise, est encore plus incompréhensible. Il n’y avait pas d’égout à cette époque à l’emplacement indiqué, à savoir proche du lieu de l’apparition. Il a fallu attendre de longues années pour que tout s’explique : La grotte devait être détruite par mesure de sécurité, à cause des racines d’un arbre qui menaçaient de la faire s’écrouler. Et un égout, de fait, fut aménagé par la suite, proche de l’emplacement précis demandé par la Vierge durant l’année 1948, longtemps auparavant. Si la direction de cette école désirait un jour réaliser ce vœu, construire de nouveau une grotte, elle possède l’indication précise de l’endroit, à la demande de la Vierge Marie. Pour nous, ce détail est une preuve de la fidélité de Marguerite à bien respecter ce qui lui a été demandé, et à bien le transmettre, sans même en comprendre la cohérence à l’époque. De plus, les termes utilisés par Marie sont reproduits avec une fidélité entière. Reprenons la demande :

 

Lundi 24 mai 1948 : Dans la cour de l’école, au-dessus de la grotte, le matin.

Elle a dit :  « Je veux qu’on élève ici une grotte avec la statue, telle que je vous ai apparu. Et si on n’élève pas ici cette grotte, qu’on mette au moins une remarque pour voir où les apparitions ont eu lieu.»

 

Le mot remarque, n’est pas vraiment utilisé dans la monde francophone, hors de la Belgique. Ces considérations de vocabulaire nous font prendre conscience de la précision de chaque terme utilisé par la Vierge Marie dans ses dialogues avec Marguerite.

 

Il en va ainsi concernant les visions successives du Purgatoire. Elles vont faire progressivement entrevoir à la jeune Marguerite, le monde invisible des âmes et l’enjeu de la conversion sur la terre. En effet après la première phase des six apparitions, un étape commence, comme un véritable déploiement de ce message central reçu au départ.

 

En vue du bonheur éternel

A partir de cette nouvelle période, Marie la prépare souvent à ce qui va suivre, en annonçant le jour précis de sa venue et parfois le contenu à venir, telles les visions du purgatoire, les prières demandées au monde, les secrets à garder. Mais elle aborde aussi avec elle, à l’improviste, des promesses et des avertissements, toujours en lien avec l’actualité.

 

C’est ainsi qu’à deux reprises, après l’avoir bien préparée et prévenue, Marie lui montre le purgatoire :

 

Vous décrirez au monde l’horreur du purgatoire (Mercredi 15 juin 1948).

 

Invitée à s’exprimer sur ces visions désolantes, Marguerite n’en rajoute pas. C’est du point de vue de la Vierge Marie, qui connaît de l’intérieur les âmes avec ce qu’elles ressentent que le terme « d’horreur » est justement utilisé. Car c’est du point de vue de la pureté de l’Amour et de la sainteté accomplie (Marie en est le modèle) qu’est ressentie avec acuité la laideur des conséquences du péché. Notons que lors de l’apparition du 18 mars 1950, la Vierge Marie, annonçant la remise des fautes des témoins invités à sa demande, précise qu’il y a d’une part la rémission des fautes (par l’absolution) mais aussi la remise des peines dues au péché : deux réalités distinctes qui donnent sens à l’indulgence plénière et lors du sacrement de la confession, à la nécessité d’une pénitence -faible contribution à la remise des peines- après chaque absolution.

 

« Notre Seigneur vous remet vos péchés ainsi que ceux des témoins et toutes les peines dues pour ces péchés. »

 

Les trois premières apparitions eurent lieu au printemps de 1948, en pleins période  de Carême. Ce temps liturgique est spécifiquement dédiée à la conversion et à la purification par la prière et le jeûne. Il « soigne » pourrai-ton dire, notre relation à Dieu aux autres et à nous-même en vue de la pleine « santé de l’âme. » C’est dans cette même dynamique que la veille du 4è dimanche de Carême le Samedi 18 mars 1950 , Marie déclare :

 

« Mon Fils est très courroucé car il voit que le monde ne l’écoute plus. Il ne veut faire ici que des miracles dans l’âme, point du corps. »

 

Cette perspective du salut est si importante que le Jeudi 11 novembre 1948 -date qui correspond à la fête de l’Armistice mettant fin à une guerre qui fit des millions de morts-, Marie nous fait cette promesse, correspondant à une indulgence plénière:

 

« Je promets à toutes les personnes qui réciteront le chapelet le 2 de chaque mois, que, si elles vont en purgatoire, j’irai les chercher le lendemain de leur mort pour enfin jouir du bonheur éternel. »  

 

Avec Marguerite, nous entrons résolument dans la prise de conscience de notre salut final, à savoir, « jouir du bonheur éternel ».  Cette expression peut paraître usée aujourd’hui. Mais au temps de Marguerite, elle était commune dans le langage de la piété. Nous la retrouvons par exemple dans la bouche du pape Pie XII, en conclusion de sa prière pour inaugurer l’année mariale de 1954, et qu’il récita le 8 décembre 1953 à sainte Marie Majeure :

 

Accueillez, ô Mère très douce, nos humbles prière et obtenez nous par-dessus tout de pouvoir un jour répéter devant votre Trône, jouissant avec vous du bonheur éternel, l’hymne qui monte aujourd’hui sur la terre autour de vos hôtels : vous êtes toute belle, ô Marie ! Vous êtes la gloire, la joie, l’honneur de votre peuple ! Ainsi soit-il.

 

De même le Dimanche 4 juillet 1948, quand l’ange nous apprend, à la demande de la Sainte Vierge, une prière que son Fils désire que le monde dise le matin nous sommes ramenés à notre vocation d’éternité :

 

« Seigneur, ayez pitié de moi qui suis une pauvre pécheresse.

Seigneur, donnez-moi toujours l’absolution.

Seigneur, faîtes que je meurs en état de grâce.

Seigneur, préservez-moi du péché mortel.

Seigneur, je vous offre ma journée. »

 

L’intercession pour tous

Mais loin d’en rester à une recherche de salut seulement individuel, la Vierge Marie, en bonne Israélite, nous fait prier pour tous :

 

« Maintenant je vais vous dire une prière que le monde doit réciter entre chaque dizaine de chapelet (Samedi 18 mars 1950) :

 

Seigneur, pardonnez-moi tous mes péchés

            Seigneur, ayez pitié de ceux qui souffrent

            Seigneur, pardonnez à tous ceux qui vous persécutent. »

 

Cette double dimension communautaire propre à la mentalité juive et missionnaire propre à la mentalité chrétienne, de notre prière, est de nouveau affirmée à la fin, lors de l’avant dernière apparition pour Marguerite, dans sa chambre, le soir  du Jeudi 25 janvier 1951 :

 

L’ange me dit :  « La Sainte Vierge demande de bien prier pour les pécheurs, pour tous les adversaires de la foi et pour la paix. Maintenant, regarde à ta droite. »

J’ai regardé et j’ai vu un cœur percé d’un poignard. Il me dit : « Le cœur est le cœur de la Sainte Vierge, et le poignard, la souffrance qu’elle éprouve en voyant que les croyants ne pensent pas assez à leurs frères. »

 

Cette vision est complétée par une information de l’ange lors de la dernière apparition le Dimanche 11 février1951 :

 

L’ange me dit : « Dieu a déjà la main levée pour jeter un fléau afin de punir les Chrétiens, mais Sa mère lui demande, le supplie d’attendre car elle a toujours l’espoir que ça ira mieux. Comme vous avez vu dans le journal, la vie de Pie XII est menacée, elle est plus que menacée, elle est très très menacée… »

 

Cette apparition n’était pas prévue, puisque le 18 mars 1950 Marie avait dit lors de l’apparition où elle désirait des témoins :

 

« Je ne vous apparaîtrai plus, mais ne perdez jamais courage, je suis toujours avec vous car je vous le répète, vous souffrirez beaucoup moralement. Notre Seigneur vous remet vos péchés ainsi que ceux des témoins et toutes les peines dues pour ces péchés. »

Elle disparut en nous donnant la bénédiction.

Avertir le monde - Réception du message

De fait, les deux apparitions qui suivirent furent celles d’un ange. Mais le 11 février, il semblerait que Marie ait souhaité approfondir et renforcer le contenu de son message en levant le voile sur la situation du monde appelé à la conversion ; ce monde précis dans lequel, la vie même du pape Pie XII était menacée.

 

« Je vous ai apparu encore aujourd’hui, tout d’abord pour vous récompenser de l’attention que vous avez eu à lire et à mettre en pratique l’article qui est paru dans le journal, et ensuite, pour encore avertir le monde. »

 

Cette toute dernière information confiée par Marguerite est précieuse. Elle restera discrète sur les indications que la Vierge Marie et l’ange lui donneront sur son avenir disant :

 

« Que la volonté de Dieu soit faite et non la mienne (Dimanche 10 décembre 1950). »

 

Il en va aussi des secrets qui lui furent confiés à deux reprises. Elle leva le voile cependant après 60 ans d’attente sur ce que fut sa souffrance morale annoncée par Marie à trois reprises :

 

« Je compte sur vous pour tout ce que je vous ai demandé : Vous aurez beaucoup à souffrir. » « Pourquoi aurais-je beaucoup à souffrir pour cela ? » « Vous souffrirez très très fort mais moralement (Jeudi 24 juin 1948 ).

 

Vous souffrirez beaucoup moralement, mais ne craignez rien, je serai toujours avec vous (Lundi 15 novembre 1948 ). »

 

« Je suis toujours avec vous car je vous le répète, vous souffrirez beaucoup moralement (Samedi 18 mars 1950).  

 

De fait, Marguerite qui portait une mission particulière depuis son adolescence, dut attendre la nomination du 100ème évêque de Tournai, Monseigneur Harpigny pour pouvoir enfin exposer à la hiérarchie de l’Eglise son message. C’était le 26 janvier 2006. Les évêques qui le précédèrent n’eurent pas, semble-t-il, accès à l’information sur les apparitions de Tournai qui fut transmise par Marguerite surtout aux prêtres de la paroisse qui se succédèrent, mais ne fut sans doute pas relayée par eux. Sans doute fait-il entendre dans le sens d’une profonde purification, d’un immense détachement, imposés par le silence de l’Eglise sur le message à transmettre, cette demande du 18 mars 1950 : 

 

La Sainte Vierge me demande : « Etes-vous prête à tout abandonner, à tout perdre pour Dieu ? » « Oui, avec l’aide de Dieu, je vous le promets ! »

 

Mais cet abandon demandé, ce dépouillement, s’accompagnent aussi d’une attente du côté des témoins. Ils ne lâcheront pas prise, pour soutenir la mission confiée à Marguerite et faire rebondir en temps voulu l’information. Nous leur sommes redevables d’avoir cru envers et contre tout à ce qui sera peut-être considéré plus tard une des plus importantes mariaphanies, en mode aussi d’épiphanie dans l’histoire des apparitions mariales reconnues:

 

«  Demandez aux témoins si vous le voulez bien, s’ils veulent faire n’importe quoi pour Dieu ? » Un témoin répond : nous voulons (Thérèse-Marie étant la plus proche de moi.) 

 

La réception du message

Cette attente douloureuse s’estompa aussi par la suite (plus de 60 ans après) avec les autorisations données par son curé actuel du culte annuel rendu à ND des Etoiles le dimanche autour du 2 mars, ainsi que le chapelet mensuel, dans l’Eglise paroissiale ND Auxiliatrice de Tournai, non loin des apparitions vécues par Marguerite sur le chemin qui menait chez sa tante. Et tout dernièrement, une statue de ND des Etoiles réalisée par un sculpteur belge fut placée bien en vue dans l’Eglise. S’ajoutèrent ces derniers temps un début de diffusion par un article de presse (Chrétiens Magazine) et par la voie d’Internet (Marie de Nazareth), puis un site spécifique dédié aux apparitions de ND des Etoiles, pouvant enfin donner ainsi accès au monde entier à cette information. De plus, les Petites Soeurs de Bethléem, informées par l’une d’elle -d’origine belge- sont prêtes de fabriquer la statue à mettre éventuellement dans la cour de l’école, ainsi que les petites statues correspondantes, au service du culte privé.

 

Prudente, l’Eglise doit discerner les fruits avec la pertinence du message, dans l’équilibre de la Révélation. C’est l’évêque du lieu qui en a la responsabilité entière. L’Eglise avait déjà discerné et donné son avis positif pour les apparitions de Fatima dont certains thèmes sont en parenté avec ceux de l’apparition de Tournai : Les visions de l’au-delà et les menaces qui pèsent sur l’humanité.

 

Samedi 19 juin 1948 : Près de chez ma tante, le matin.

Je lui ai demandé : « Quelles sont les causes des apparitions ? » Elle me répondit : « Beaucoup de personnes oublient de prier pour les pécheurs. C’est pour cela que je vous apparais, pour (que) vous leur rappeliez leurs bonnes habitudes ; et s’ils ne prient pas mieux, ils seront punis. Je vous réapparaîtrai le 24 de ce mois. »

 

Jeudi 24 juin 1948 : Près de chez ma tante, le soir.

Je lui ai demandé : « Quelle punition le monde aura s’il ne prie pas mieux ? »

« Si le monde ne prie pas mieux, il y aura une guerre presque terrible. »

 

Dimanche 11 février1951 : Dans ma chambre, le soir.

La Sainte Vierge me dit : « Pénitence, Pénitence. Je demande instamment de prier pour les Russes en particulier et enfin en général pour tous les communistes car si les croyants ne veulent pas changer le monde est en danger. »

L’ange me dit : « Dieu a déjà la main levée pour jeter un fléau afin de punir les Chrétiens, mais Sa mère lui demande, le supplie d’attendre car elle a toujours l’espoir que ça ira mieux.

 

L’espoir que ça ira mieux.

Toutes ces menaces qui ont leur ancrage biblique, du livre de la Genèse au livre de l’apocalypse, décrivent la situation d’une partie du monde qui lutte contre Dieu. Les Pères de l’Eglise, tel saint Jérôme, nous éclairent pour leur juste interprétation :

 

Revenez au seigneur votre Dieu, dont vos péchés vous avaient éloignés, ne désespérez pas du pardon, quelque soit l'énormité de vos crimes, car une grande miséricorde effacera de grands péchés.

En effet, le Seigneur est bon et miséricordieux, préférant à la mort le repentir des péchés, il est patient et riche en miséricorde ; il n’imite pas l’impatience des hommes, mais il attend longuement notre repentir ; il est prêt à arrêter le mal ou à son repentir. C’est-à-dire que si nous nous repentons de nos péchés, lui-même se repentira de ses menaces et ne nous infligera pas les maux dont il nous avait menacés ; si nous changeons d’avis, lui aussi en changera.[1]

 

Elles sont à recevoir sur fond biblique :

 

Nous tous d'ailleurs, nous fûmes jadis de ceux-là, vivant selon nos convoitises charnelles, servant les caprices de la chair et des pensées coupables, si bien que nous étions par nature voués à la colère tout comme les autres...

Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ : C'est par grâce que vous êtes sauvés! (Ep 2, 3-5)

 

Prier pour les pécheurs

Et dans le contexte du message de Tournai, notons surtout l’équilibre des prières demandées dans le cadre de la piété populaire:

 

Samedi 18 mars 1950 : Près de chez ma tante.

« Maintenant je vais vous dire une prière que le monde doit réciter entre chaque dizaine de chapelet :

 

Seigneur, pardonnez-moi tous mes péchés

            Seigneur, ayez pitié de ceux qui souffrent

            Seigneur, pardonnez à tous ceux qui vous persécutent. »

 

L’ange me dit :  « La Sainte Vierge demande de bien prier pour les pécheurs, pour tous les adversaires de la foi et pour la paix (Dimanche 10 décembre 1950 : Dans ma chambre pour la première fois).

 

Ces mêmes thèmes de la persécution et de la paix furent repris sans équivoque par le pape Benoît XVI le 25 décembre 2012, place saint Pierre à Rome.

 

« …En outre, que le Roi de la Paix porte son regard sur les nouveaux Dirigeants de la République populaire de Chine pour la haute charge qui les attend. Je souhaite que celle-ci mette en valeur l’apport des religions, dans le respect de chacune, de sorte qu’elles puissent contribuer à la construction d’une société solidaire, au bénéfice de ce noble Peuple et du monde entier. Que la Nativité du Christ favorise le retour de la paix au Mali et de la concorde au Nigéria, où d’atroces attentats terroristes continuent à faucher des victimes, en particulier parmi les chrétiens. »

 

Notons que dans la prière demandée entre chaque dizaine, les trois thèmes abordés résument tout le message de Tournai à savoir la conversion personnelle, l’appel à prier pour les autres et à intercéder pour ceux qui, à travers la persécution des chrétiens, persécutent le Christ.

 

L’Eglise-Sacrement

Cette dernière demande nous renvoie à la réponse de Jésus à Saul sur le chemin de Damas, alors qu’il partait arrêter des chrétiens.

 

Je faisais route et j'approchais de Damas, quand tout à coup, vers midi, une grande lumière venue du ciel m'enveloppa de son éclat. Je tombai sur le sol et j'entendis une voix qui me disait: Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu? Je répondis: Qui es-tu, Seigneur? Il me dit alors: Je suis Jésus le Nazôréen, que tu persécutes. (Ac 22, 6-8)

 

Identifié à l’Eglise naissante, Jésus, aujourd’hui comme hier, continue de souffrir.

 

L’Eglise a une place privilégiée : elle est la référence à laquelle Marguerite doit se confier dès le départ. Les sacrements de l’Eglise catholique sont évoqués à plusieurs reprises : C’est par les prêtres qui confessent que la prière demandée par Jésus chaque jour est exaucée :

 

« Seigneur, donnez-moi toujours l’absolution. »

 

Et c’est encore par eux qu’est favorisée la sainte mort par le sacrement des malades :

 

« Seigneur, faîtes que je meurs en état de grâce (Dimanche 4 juillet 1948). »

 

Ce sont les prêtres aussi qui sont invités dans leur ministère d’enseignant :

 

« Je demande au monde d’assister autant que possible aux sermons. Il leur montre de bons exemples et leur crée un bon avenir (Dimanche 10 octobre 1948). »

 

Et pour la fête du 2 mars de « Notre-Dame des étoiles » le Seigneur propose

 

« que ce jour-là que ce jour-là on récite au moins le chapelet et que l’on assiste à la Sainte Messe et que l’on y communie si possible (Samedi 18 mars 1950).

 

L’alliance

Le caractère très concret et précis des demandes de la Vierge se retrouve aussi dans cette « nouvelle prière » demandée, qui est dictée à sa demande par l’ange, faisant auparavant son commentaire :

 

« Je vais vous apprendre la prière que la Très Sainte Vierge vous avait prédit. Elle est très courte et très simple, pour permettre aux enfants de comprendre ce qu’ils disent. La voici :

 

Oh, Marie, intercédez toujours pour nous auprès de votre divin fils.

Oh, Marie, soyez toujours la Reine de notre foyer.

Oh, Marie, écoutez toujours mes prières.

Oh, Marie, détournez-moi toujours du mal et faîtes que je persévère                dans le bien. »

 

Dans ces quatre demandes, nous retrouvons toute la tradition mariale de l’Eglise catholique dont le héraut fut saint Louis-Marie Grignion de Montfort qui s’adresse ainsi à elle en fin de sa consécration de soi-même à Jésus-Christ, la sagesse Incarnée par les mains de Marie :

 

 

« … Je vous choisis aujourd’hui, en présence de toute la cour céleste O Marie, pour ma Mère et Maîtresse (…) O Mère de miséricorde! faites‑moi la grâce d'obtenir la vraie sagesse de Dieu et de me mettre pour cela au nombre de ceux que vous aimez, que vous enseignez, que vous conduisez, que vous nourrissez et protégez comme vos enfants et vos esclaves. O Vierge fidèle, rendez‑moi en toutes choses un si parfait disciple, imitateur et esclave de la Sagesse incarnée, Jésus‑Christ votre Fils, que j'arrive, par votre intercession, à votre exemple, à la plénitude de son âge sur la terre et de sa gloire dans les cieux. Ainsi soit‑il. [2] »

 

Nous avons évoqué la royauté de Marie concernant la Russie, Ici sa Royauté veut s’exercer en commençant par cette première cellule d’Eglise qu’est la famille. Enfin, la dernière demande avec les termes en contraste de mal et de bien, résume à elle seule toute l’alliance de Dieu et de son peuple. Ces termes sont repris par les psaumes qui dénoncent le péché et par l’invitation du prophète Isaïe, appelant à la conversion:

 

C'est le péché qui parle au cœur de l’impie;

ses yeux ne voient pas que Dieu est terrible.

Il se voit d’un œil trop flatteur pour trouver une rave sa faute ;

il n’a que ruse et fraude à la bouche, il a perdu le sens du bien.

Il prépare en secret ses mauvais coups.

La route qu’il suit n’est pas celle du bien ; il ne renonce pas au mal. (Ps 35, 2-5)

 

Evite le mal, agis bien, tu auras une habitation pour toujours;

car Yahvé aime le droit, il n'abandonne pas ses amis. Les malfaisants seront détruits à jamais et la lignée des impies extirpée;

les justes posséderont la terre, là ils habiteront pour toujours.

La bouche du juste murmure la sagesse et sa langue dit le droit;

la loi de son Dieu dans son coeur, ses pas ne chancellent point.

L'impie guette le juste et cherche à le faire mourir;

à sa main Yahvé ne l'abandonne, ne le laisse en justice condamner.

Espère Yahvé et observe sa voie, il t'exaltera pour que tu possèdes la terre: tu verras les impies extirpés. (Ps 36, 26-34)

 

Lavez-vous, purifiez-vous! Otez de ma vue vos actions perverses! Cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien! Recherchez le droit… ( Is 16-17)

 

C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe: Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel. De crème et de miel, il se nourrira jusqu'à ce qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien. (Is 7, 14-15)

 

Cette lutte à mener, si bien évoquée à Tournai, est présentée dans toute la tradition chrétienne au cours des siècles, résumée en ces quelques mots tirés du cantique de Tobie. Ils offrent le sens de toute cette remise en cause transmise par Marguerite :

 

Revenez, pécheurs, et vivez devant lui dans la justice. Qui sait s’il ne vous rendra pas son amour et sa grâce ! (Cantique de Tobie 13, 8)

 

Ce qui fut ensuite traduit par bien des saints (les pères, les Docteurs et les mystiques), positivement :

 

L'homme se laissa tromper par le serpent, tomba dans le péché et, par le péché, dans la mort et dans tous les maux qui conduisent. Cependant, Dieu ne l’abandonna pas. Il lui donna d’abord les secours de la loi; il désigna des anges pour le garder et prendre soin de lui ; il envoya des prophètes pour lui reprocher sa méchanceté et lui enseigner la vertu ; il brisa par des menaces ses tendance au mal, et excita par des promesses son attrait pour le bien, en montrant continuellement, par des exemples d’hiver, l’aboutissement de ces deux chemins. (Extrait des grandes règles monastiques de saint Basile[3].)

 

Toi, mon dieu, tu récompenses le bien comme tu punis le mal (Sainte Gertrude[4]).

 

Ceux qui, dans la vie présente, ce seront transformé en passant du mal au bien ont la promesse de cette récompense que sera la transformation future. (Traité de sa Fulgence de Ruspe[5] sur le pardon des péchés.)

 

Le bonheur du prochain

Nous aurions aussi bien des commentaires à faire sur les dates choisies pour certains messages dont les coïncidences avec des évènements passés ou ultérieurs ne sont plus à prouver. Que l’on songe à la date du 11 septembre 1948, durant laquelle Marie dénonce en somme la fragilité des faux bonheurs dans les sociétés de consommation qui mettent l’argent et l’économie au-dessus de l’être humain. Le drame de la destruction des tours jumelles le 11 septembre 2001 avec son effroyable violence subie par l’Amérique, une des plus grandes puissances du monde, suivie ensuite de la guerre lancée par son président guerrier Bush, nous fait réfléchir à ses propos :

 

« Je suis très triste parce que je vois que le monde ne cherche que son bonheur, si je puis dire, mais pas celui du prochain. Je vous dis encore une fois de recommander au monde de prier beaucoup pour les pécheurs. »

 

Pour conclure cette brève présentation, nous pouvons prendre conscience de la mission de la Vierge Marie qui a rendu possible la mission du Fils. Par le« oui » de Marie, Jésus s’est incarné en elle, a été formé par elle, éduqué par elle. Marie continue de former le Christ Immense et beau répandu dans son corps qu’est l’Eglise. Les prophéties d’un saint Louis-Marie Grignion de Montfort -pour ne citer que lui- s’accomplissent, concernant l’eschatologie ou la fin des temps qui sont à entrevoir dans le sens d’un accomplissement. Ce qui donne toute sa note positive à ces apparitions de Tournai qu’il s’agit de transmettre comme une consolation dans le sens du dernier livre de la bible, l’Apocalypse, annonçant la victoire finale de l’Agneau. Les épreuves décrites dans ce livre ne manquent pas, de même que les mises en garde des messages reçus à Tournai, si les hommes ne se tournent pas vers Dieu, comme conséquences désolantes des mauvais choix.

 

L’étoile de la Nouvelle Evangélisation.

Mais la note qui domine cette mission confiée à tous les baptisés et qui nous est rappelée à Tournai est du côté de la joie, du côté des triomphes à venir de celle qui justement fut nommée par Jean-Paul  II et son successeur Benoît XVI, l’Etoile de l’Evangélisation. Et en ce début d’année de la foi 2012-2013, les évêques du synode pour la Nouvelle évangélisation ont repris en la complétant cette métaphore : Marie est l’étoile de la Nouvelle Evangélisation.

 

A Tournai, la Vierge Marie, en tant que Reine s’efface, comme ignorante de sa propre splendeur pour ne mettre en valeur que son Fils qu’elle porte devant elle à travers une étoile, et en vue de mettre en valeur aussi tous ses enfants. Ils sont pour elle, à la suite de son fils, autant d’étoiles qu’elle forme à l’apostolat par la prière essentiellement et la conversion dans la vie de tous les jours.

 

Elle nous entraîne dans une lutte, celle annoncée dès les premiers versets de la Genèse : la Femme contre le Serpent des origines.

 

Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon. (Gn 3, 15)

 

Cette femme, nous la retrouvons à Cana (Jn 2, 4) et à la Croix (Jn 19, 26) dans l’Evangile de Jean. Elle intercède auprès de son Fils et avec lui, nouveau Moïse. Ce Moïse qui redescendit du Sinaï avec les tables de la loi du Dieu-Epoux qui fit alliance avec son peuple, l’épousée. La réponse avait été : « Tout ce que Dieu nous dit nous le ferons. (Cf Ex 19, 8 ; 24,7). » Malgré les ruptures d’alliance qui ont suivi cet engagement, Marie veille, et nous engage à renouveler notre oui : « Tout ce qu’il vous dira faites-le (Jn 2, 6). »

 

Nous apprenons lors de ces apparitions de Tournai, dès 1948, que son Fils qui l’a rendue participante de sa mission, désire qu’elle soit fêtée Le 2 mars de chaque année, comme Notre Dame des Etoiles.

 

En Europe, cette période en début mars correspond à  la fin de l’hiver, c’est le début du printemps… Et les promesses du Bien-Aimé sont bien annoncées dans le Cantique des cantiques, promesses concernant l’Eglise et chacune de nos âmes :

 

« Viens ma tout belle… viens dans mon jardin, l’hiver s’en est allé, et les arbres en fleur exhalent leur parfum. » (Ct 2, 10-13)

 

Alors que l’Europe entrait dans la guerre froide avec des menaces pesant sur le monde entier, voici qu’un jeune fille de treize ans se laisse emporter dans une mission humainement impossible : Annoncer le printemps de l’Eglise, à une heure ou nous étions loin d’imaginer le renouveau qui suivrait la guerre froide, puis le Concile Vatican II, l’arrivée de ce pape venue de Pologne qui rencontrerait ces grandes figures de sainteté comme Lucia du Portugal, Mère Térésa, l’Abbé Pierre, et tant d’autres témoins de la foi, partant des fidèles laïcs, dans le monde ouvrier par exemple, tel un Lech Valesa jusqu’aux papes, dont l’un d’eux fut déclaré vénérable en décembre 2012 : Paul VI, et lui-même fut béatifié par Benoît XVI.

 

Oui, de grands témoins de sainteté, comme autant d’étoiles brilleraient dans la nuit du monde, comme notre Bienheureux Jean-Paul II, issu des pays communistes, capable lors de ses voyages de par la monde entier, de réunir les foules, la jeunesse, porteuse d’avenir… Il encourageait les jeunes sur les chemins de la sainteté en écho à la Parole de Dieu :

 

Ayez donc le mal en horreur, attachez-vous de toutes vos forces au bien (Rm12, 6-17).

 

Vigoureuses, ces paroles de l’apôtre Paul, sont reprises par le message des apparitions vécues par Marguerite, cette adolescente de l’après-guerre, restée attachée quoi qu’il en coûte, à sa mission.

 

Le Bienheureux pape Jean-Paul II, n’a eu de cesse de reprendre durant son long pontificat tous ces thèmes fondamentaux  qui firent la trame des échanges de Marguerite avec la Vierge Marie durant ces trois ans d’apparitions à Tournai. Laissons-le conclure cette relecture, résolument remplie d’espérance :

 

La possibilité d'accueillir Marie dans notre propre maison, dans notre propre existence, est offerte à chacun de nous... Très chers amis, je vous le dis par expérience, ouvrez-Lui les portes de votre existence ! N'ayez pas peur d'ouvrir grand les portes de votre coeur au Christ, à travers Celle qui veut vous conduire à Lui, afin que vous soyez sauvés du péché et de la mort ! Elle vous aidera à écouter sa voix et à dire oui à chaque projet que Dieu a pour vous, pour votre bien et pour celui de l'humanité toute entière.

 

Ces paroles remplies d’espérance nous renvoient à la prophétie de Zacharie qui a inauguré notre présentation des messages de Tournai, nous faisant entrevoir qu’avec la rémission des péchés, visités par l'Astre d'en haut, nous devenons des acteurs, de vrais apôtres, au service de toute l’humanitéqui bénéficie de ce chemin de conversion proposé par Notre Dame des Etoiles pour guider nos pas dans le chemin de la paix (Lc1, 79).



[1] Saint Jérôme, (347-420) commentaire sur le prophète Joël, PL 25, 967-968.

[2] Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, L’amour de la Sagesse Eternelle, n° 225.227, in Œuvres complètes, Seuil, Paris 1966, p. 215.

[3] Basile de Césarée (329-379) Grandes règles monastiques, question 2, réponse 2-4, PG31, 916.

[4] Gertrude d’Helfta (1256-1301) le Héraut de l’amour divin SC 139, 340.

[5] Fulgence, évêque de Ruspe en Afrique, (467-563) Le pardon des péchés, II,12, 3, SC 139, 340.

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